« La famille italienne qui a réinventé l’esthétique. » C’est ainsi qu’Economy a intitulé l’interview qu’elle consacre ce mois-ci au Groupe Baldan.

« La famille italienne qui a réinventé l’esthétique. » C’est ainsi qu’Economy a intitulé l’interview qu’elle consacre ce mois-ci au Groupe Baldan.

UNE FAMILLE AU SOMMET DU MONDE : L’ASCENSION DE BALDAN

Du premier salon de coiffure à 9 000 points de vente dans 29 pays, Antonio Baldan passe le flambeau à ses enfants Brando et Amanda, à la tête d’une multinationale du beauty entre FDA, T-Shape2 et intelligence artificielle.

UNE TRANSITION GÉNÉRATIONNELLE DÉJÀ PARFAITEMENT RÉUSSIE, QUI EST AUSSI UNE SYMBIOSE INTERGÉNÉRATIONNELLE, UNE HARMONIE FONDÉE SUR DES SENTIMENTS POSITIFS ET UNE PASSION COMMUNE POUR LES DÉFIS : bienvenue chez les Baldan, la famille milanaise qui en 45 ans a connu une trajectoire stellaire, passant d’un salon de coiffure à une multinationale active dans 29 pays dont les États-Unis, aujourd’hui en forte expansion, avec déjà un réseau actif de 600 points de vente rien qu’aux États-Unis, sur les 9 000 atteints dans le monde entre pharmacies, centres esthétiques et centres médicaux.

Le fondateur, Antonio Baldan, un jeune homme de 62 ans – qui à seulement vingt ans parcourait la province d’Asti en moto pour vendre les shampoings produits par son père Nino, coiffeur – travaille encore beaucoup aujourd’hui, mais n’a plus de rôles de gestion directs au sein de l’entreprise : il s’occupe des relations avec les grands clients, invente et stimule tout le monde, mais pendant six mois de l’année il le fait depuis sa villa d’Alserio sur le lac de Côme et les six autres mois depuis son yacht, y invitant souvent partenaires, fournisseurs et clients pour des croisières qui sont aussi une façon de travailler ensemble en s’amusant.

Une fois par an, il entre au siège social de Ferrare « mais pour les vœux de Noël », précise-t-il. À la tête opérationnelle, en tant que président, se trouve son fils Brando, 32 ans ; et en tant qu’administratrice déléguée sa fille Amanda, 30 ans, déjà entrepreneuse à son compte dans la mode – et avec succès – jusqu’à être cependant séduite par l’appel de l’entreprise familiale et y revenir.

« En 2025, nous avons clôturé avec environ 50 millions de chiffre d’affaires et presque 9 millions d’Ebitda, la marge industrielle, qui est pour nous l’indicateur le plus important – dit Brando, en ouvrant cette interview à trois voix par laquelle Economy a voulu présenter une histoire édifiante d’efficacité et de cohésion – Nous avons un modèle très souple : siège, production et logistique en Italie, tandis qu’à l’étranger nous opérons avec des structures commerciales légères. Nous sommes présents dans environ 29 pays avec environ 9 000 points entre vente et distribution.

Nous investissons énormément dans la recherche et le développement, ainsi que dans la communication et le marketing. Nous venons également de lancer Aura, une plateforme d’intelligence artificielle qui accompagne les cliniques dans la gestion des campagnes marketing, offrant une alternative plus simple, économique et efficace par rapport aux agences traditionnelles du secteur. »

Brando, commençons par la dernière démarche commerciale : comment avez-vous réussi à construire en si peu de temps une présence aussi étendue aux États-Unis ?

Brando : Nous avons obtenu le clearance (l’autorisation, ndlr) de la FDA (Food and Drug Administration, ndlr) pour le T-Shape2, notre plateforme phare. Elle intègre la radiofréquence bipolaire, le laser LLLT et la succion sous vide, et est entièrement conçue et produite en Italie. Nous avons concentré l’offre sur les machines les plus performantes, investi massivement dans la communication et la publicité et lancé Baldan Florida LLC comme tête de pont opérationnelle.

Les résultats ont dépassé les attentes : en 2025 nous comptons 600 points actifs qui utilisent nos technologies sur le territoire américain. RealSelf, la plateforme leader pour les patients et les professionnels de la médecine esthétique aux États-Unis – plus de neuf millions d’avis – a indiqué le T-Shape2 comme la technologie en plus forte croissance sur le marché américain en 2025. Une reconnaissance considérée comme un indicateur très fiable dans le secteur.

Le phénomène des médicaments pour la perte de poids a-t-il aidé ?

B : Absolument. L’explosion de ces médicaments a créé une nouvelle demande pour des traitements qui améliorent la qualité de la peau après une perte de poids rapide. Nous nous sommes positionnés comme le chaînon manquant de ce processus : le body contouring non invasif qui restitue tonicité et qualité cutanée. C’est une fenêtre de marché destinée à s’élargir.

T- SHAPE2

Antonio, revenons au début. Évoquons vos débuts juvéniles comme entrepreneur de vous-même. Comment tout a-t-il commencé ?

Antonio: J’avais vingt ans et je passais mes journées dans le bureau de mon père Nino, coiffeur de renommée internationale, au milieu de shampoings, teintures et bases capillaires. J’étais un étudiant diligent, mais avec la tête au business.

Un jour, un représentant de la province d’Asti vint à manquer et mon père me dit : prends la moto, va saluer les clients et, si tu as quelque nouveauté, présente-la. Je revins avec des commandes que personne n’attendait. Je m’étais amusé, j’avais bien vendu, et ce jour-là je compris que je serais entrepreneur.

Et du monde de la coiffure comment êtes-vous arrivé à l’esthétique ?

AN: Je compris vite que rester uniquement dans le secteur des produits capillaires signifiait concurrencer des géants comme L’Oréal : une bataille qu’aucune réalité familiale ne pouvait soutenir à court terme. Ainsi au début des années quatre-vingt, je pariai sur une idée alors pionnière en Italie, le Tanning Center.

Je fis le tour des salons avec la même énergie que lorsque je parcourais la province d’Asti et en quelques années je contribuai à la naissance d’environ mille centres de bronzage dans tout le pays. Puis, en m’inspirant de modèles comme Figurella, je lançai TimodellaClub, un réseau de centres d’amincissement.

Il y a environ vingt ans est arrivé le tournant : j’ai acquis le Groupe Jean Klebert, apportant en dot deux marques avec plus d’un demi-siècle d’histoire, Jean Klebert pour la skincare et Gil Cagné pour le makeup. Deux ans plus tard j’ai ajouté Centro Messegué. Nous ne vendions plus seulement des technologies : nous avions une offre cosmétique complète.

ANTONIO BALDAN AVEC SES ENFANTS BRANDO ET AMANDA

Brando, et vous quand êtes-vous entré définitivement dans l’entreprise ?

B: l y a environ douze ans, à vingt ans moi aussi. J’étudiais à Londres et je proposai à mon père d’ouvrir une activité au Royaume-Uni. Il me rejoignit, nous passâmes une semaine à sonder le marché et la réponse fut claire : c’était faisable. Avec cette expérience est également arrivé un changement de positionnement.

Le focus s’est progressivement déplacé vers la médecine esthétique non invasive, avec des technologies destinées non seulement aux centres esthétiques mais aussi à des cabinets médicaux et cliniques spécialisées. Un segment plus exigeant en termes de certifications, mais avec des marges et barrières à l’entrée nettement plus intéressantes. Du marché britannique, utilisé comme pilote, nous avons répliqué le modèle dans toute l’Europe et aujourd’hui nous sommes dans 29 pays.

Amanda, et votre parcours ?

Amanda: Je suis entrée après mes études, apportant en dot ma sensibilité envers le produit et le monde de la mode. La gestion des lignes Jean Klebert et Gil Cagné m’a été confiée, lignes qui au fil des années se sont consolidées comme piliers de l’offre cosmétique, complémentaires aux technologies hardware qui restent le moteur industriel du groupe. J’ai également introduit une vision orientée vers la durabilité : je suis depuis toujours sensible aux thèmes environnementaux et je travaille pour guider l’entreprise dans cette direction.

Pendant le Covid, j’ai accompagné papa sur les ventes internationales, contribuant à innover le modèle commercial avec l’introduction des visioconférences comme outil de relation et de vente. Aujourd’hui je suis le développement produit et marketing du groupe, avec un rôle central dans la définition de l’identité et du positionnement des lignes skincare et make-up.

Y a-t-il eu un moment où vous avez dû choisir entre votre projet dans la mode et l’entreprise familiale?

AM: J’avais mon propre projet dans la mode durable et cela allait bien. Pendant la pandémie, papa m’a impliquée dans le commercial, surtout à l’étranger. Cela a été une croissance graduelle : j’ai travaillé avec lui pendant des années, puis je me suis concentrée sur le marketing et le développement produit. Affronter des responsabilités aussi importantes a été plus simple grâce à lui : il nous a toujours donné de l’espace pour apprendre, même en se trompant, tout en ayant une approche plus traditionnelle.

Brando, comment fonctionne la relation entre vous deux frère et sœur?

B: Nous sommes très complémentaires. Amanda a une forte attitude commerciale, plus semblable à celle de notre père. Je m’occupe surtout des processus et de l’opérationnel. L’équilibre s’est construit de manière naturelle.

Parlons d’Aura. Qu’est-ce qui change avec l’intelligence artificielle?

B: Aura est la première intelligence artificielle au monde dédiée au secteur de la médecine esthétique. Elle est intégrée dans notre application B3, le B-Cube, et est née pour rendre plus simple et conscient le choix des traitements, en traduisant des informations complexes dans un langage accessible. Sur le front professionnel, les agents IA suivent tout le processus : création des campagnes, contact avec le client, prise de rendez-vous. Nous avons simplifié une activité qui, pour beaucoup de cliniques, était complexe et fragmentée. Présentée à Cosmoprof, Aura a été au centre d’un reportage du Tg5 : un signal de l’intérêt du marché pour des solutions qui unissent technologie et expérience consommateur.

LE YACHT D’ANTONIO BALDAN AMARRÉ AU LARGE DE LA COSTA SMERALDA

SUR LE FRONT PROFESSIONNEL, LES AGENTS IA SUIVENT LE PROCESSUS : DES CAMPAGNES À LA PRISE DE RENDEZ-VOUS

Amanda, ce monde est-il encore principalement féminin?

AM: Historiquement oui, mais aujourd’hui cela implique de plus en plus aussi les hommes. Le thème du soin de la peau et du corps est devenu transversal. Et le marché demande de plus en plus de solutions liées au bien-être global, non seulement esthétique mais aussi sanitaire et durable. Aura s’inscrit exactement dans cette direction, car elle rend le parcours du client plus informé et personnalisé.

Antonio, revenons à votre rôle actuel dans le groupe. Arrivez-vous à ne pas entrer dans l’entreprise et à ne pas déborder comme le font habituellement les fondateurs?

AN: Absolument oui ! Je fournis mon soutien en suivant la définition des stratégies commerciales, l’ouverture de nouveaux marchés et le développement du business. Je coordonne tout à distance : la gestion opérationnelle et organisationnelle est entièrement entre les mains de Brando et Amanda. En mai et en septembre, à Porto Rotondo, j’organise des moments de rencontre avec clients et partenaires : le bateau de famille devient un espace informel de relation et de confrontation directe.

Je répète : je retourne physiquement au siège une fois par an, pour le traditionnel rendez-vous de Noël avec les collaborateurs. C’est un moment symbolique, de continuité avec l’histoire et les personnes du groupe.

De quoi êtes-vous le plus fier: de l’entreprise ou de vos enfants?

AN: Des deux. Pour construire une entreprise il faut dévouement et chance, et je me considère chanceux. Ce qui se passe aujourd’hui est le mérite de Brando et Amanda. Avoir des enfants avec lesquels on travaille bien fait vraiment la différence.

Brando, le regard vers l’avenir?

B: Le focus principal reste les États-Unis, un marché énorme qui absorbe beaucoup de ressources. Nous continuons à présider l’Europe et nous évaluons de nouvelles zones. Sur le front industriel nous investissons dans la R&D, nous développons des technologies internes et nous évaluons des acquisitions pour élargir le portefeuille. Nous partons d’une approche non invasive et nous évoluons vers le bien-être global, physique et mental.

AM: Nous gérons un réseau commercial global avec des agents locaux, car chaque marché a ses spécificités et il est fondamental d’avoir avec soi dans l’entreprise des professionnels du lieu. Le défi est de continuer à grandir sans perdre l’identité familiale qui nous a amenés jusqu’ici.

L’article publié par Economy raconte la croissance et l’évolution du Baldan Group à travers une interview exclusive de la famille Baldan, en approfondissant l’histoire de l’entreprise, l’expansion internationale et les nouveaux projets liés à l’innovation et à l’intelligence artificielle.

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